Compte-rendu
 

  

La téléformation au service de l'entreprise
27 janvier 2000
     Château de Colonster
 

Au carrefour des besoins et de l'offre en matière d'apprentissage, la téléformation connaît une croissance forte au niveau mondial.  Comme en témoigne un site Internet de référence à ce sujet[1], l'expansion du phénomène se situe tant au niveau du nombre des sites dédiés à la formation à distance que du point de vue des matières et disciplines qui sont abordées dans ce cadre.  Outre cette grande diversification, une étude attentive de la téléformation permet de dégager les traits caractéristiques de la formation à distance tels que la qualité variable des cours proposés (être attentif au rapport Qualité/Prix dans le cas des cours payants) ou encore la sous-représentation de l'Europe qui ne constitue que 2% des initiatives mondiales de téléformation. 

Du coté des PME "régionales" Marianne POUMAY constate à la fois une conscientisation par rapport à ce que peut apporter la téléformation ainsi qu'un besoin et une demande importante même si les PME qui s’essaient à la téléformation font encore figure de pionnières.


Développement des compétences

La pyramide de "l’architecture des compétences" (D. LECLERCQ, 1998) comprend quatre niveaux :

  • (niv.1) compétences spécifiques (cfr. savoir et savoir-faire disciplinaires) ;

  • (niv.2) compétences démultiplicatrices (cfr. savoir-faire techniques généraux, apprentissage d’outils donnant accès à d’autres compétences) ;

  • (niv.3) compétences stratégiques (cfr. résolution de problèmes, capacité d'adaptation présupposant d’avoir vécu un certain nombre de situations critiques) ;

  • (niv.4) compétences dynamiques (cfr. savoir-être, motivation, implication vis-à-vis de la matière).

La téléformation, qui se présente comme une coquille vide, est en mesure de développer les quatre types de compétences sus-citées bien qu'à l’heure actuelle, des outils de téléformation existent principalement aux niveaux 1 et 2 et en soient au stade des balbutiements pour le niveau 3.


Spécificités de la téléformation

Les spécificités de la téléformation sont multiples, en voici un aperçu :

  • Du point de vue des moyens utilisés : approches combinées de différents outils de télécommunication tels le didacticiel, le Web, les outils de collaboration synchrones (visioconférence, chat[2]) et assynchrones (e-mail, outils stand-alone tels que bornes et CD-ROM) ;

  • Du point de vue des objectifs et des moyens mis en œuvre dans un dispositif de téléformation : fixation de ceux-ci par écrit.  Ainsi, la démarche, la certification, le type de contrat, etc. sont prescrits.  Une obligation de clarté de la part du fournisseur de services en résulte ;

  • Du point de vue pédagogique : la téléformation est un apprentissage (allant dans le sens de l'appropriation de savoirs) et non une formation.  Elle consomme beaucoup de temps et est fondée sur une philosophie de la réussite (entraînement possible jusqu’à considérer avoir atteint un niveau suffisant de compétence). 

Et de signaler deux idées fausses sur la téléformation : d'une part, toute la matière dispensée ne se trouve pas nécessairement sur le site (un support écrit tel un syllabus vient en complément) et d'autre part, la téléformation ne signifie pas “ ne plus se voir, ni se rencontrer ”.

Soulignant que la téléformation ne constitue pas une panacée mais est bien une solution parmi d’autres : Marianne POUMAY a évoqué des cas où la téléformation est particulièrement bien adaptée :

  • pour les matières de relative permanence (cfr. contenus constants ou répétitifs) tels que les nomenclatures, les langues, la Bureautique (p.ex. traitement de texte), l'ABC de l’entreprise elle-même, etc.,

  • pour les contenus structurés (découpage logique en blocs),

  • pour les contenus généralisables (cfr. partage des coûts de conception entre différentes sociétés - économies d'échelle),

  • lorsqu’un capital de savoir est à partager entre des entités distantes (cfr. interactions multi-sites).

Les avantages de la téléformation (liste non-exhaustive) sont : 

  • le gain en qualité évident,

  • la flexibilité dans le temps et l’espace,

  • la réduction des coûts de déplacements (dans le cas des filiales),

  • la personnalisation, individualisation de la relation professeur/étudiant (cfr. feed-back personnalisés au niveau des tests),

  • principe de la communauté virtuelle d’apprentissage.  Celle-ci peut être favorisée au niveau de la conception du site et par le mélange présentiel/à distance,

  • la pédagogie de la réussite.

Parmi ses inconvénients, citons :

  • la consommation d'une énergie considérable (préparation et gestion quotidienne du côté des formateurs, investissement en temps du côté des utilisateurs),

  • l'adaptation institutionnelle (nouveaux rôles… et donc formations),

  • les frais liés à l'acquisition d'un matériel performant et coûts de connexion.

Notons encore que les gens qui travaillent à distance se montrent généralement plus exigeants quant aux délais de traitement de leurs questions.

 

Les acteurs de la téléformation

Marianne POUMAY présenta ensuite un tableau typologique des acteurs de la téléformation. On y distingue trois pôles où s'inscrivent des acteurs affectés à des missions précises.

Le pôle "conception/réalisation" où se retrouvent le concepteur et l’expert de contenu qui scénarisent[3] la demande. 

Le pôle "administration" est représenté par le technicien EAD (administrateur du site).  Celui-ci assure la maintenance du serveur (backup, installation des nouvelles versions des logiciels, débit, etc.).

Enfin, le pôle "formation" est constitué du formateur qui est l’expert "de contenu" ;  du tuteur dont le rôle est de "guider" les étudiants ;  du modérateur qui intervient dans les forums de discussion assynchrones pour juguler le volume des interactions non constructives (ce dernier ne doit pas nécessairement maîtriser le contenu) ;  du(des) moniteur(s) qui connaît(connaissent) suffisamment le sujet, sans en être expert, pour pouvoir répondre à la majorité des questions qui se posent.


Pour conclure, Marianne POUMAY affirma que la téléformation est d'une part appréciée pour sa dynamique et le sentiment de prise en charge qu’elle dégage et d'autre part recherchée dans un souci de rentabilité.


Pour en savoir plus sur la formation à distance, nous vous conseillons de vous référer au site http://thot.cursus.edu.  Vous pourrez notamment vous abonner à un périodique d'informations gratuit (envoi par e-mail).


[1] http://telecampus.edu référence près de 20.000 sites de téléformation mais l'on peut s’attendre à ce qu’il y en ait beaucoup plus en réalité sur Internet.

[2] Le "chat" (prononcer à l'anglaise) permet des relations en direct, à l’inverse des forums de discussion qui pourtant suivent le même principe.

[3] Mise au point d'une stratégie d’appropriation du contenu.  Cette stratégie varie selon les objectifs et la matière.

(c) FORUM TELECOM SPI+