Compte-rendu
 

  

Libéralisation des télécommunications et marge de négociation avec les opérateurs
15 juin 2000
     Château de Colonster

 

Bilan et perspectives du secteur des télécommunications deux années après sa libéralisation
M. Georges DENEF, Directeur général, I.B.P.T.

M. DENEF a, dans un premier temps, rappelé que la Loi fixe : les conditions (1) d'entrée et (2) d'activité sur le marché (licences, déclarations, etc. / interconnexion, numérotation, etc.), (3) les règles de protection du consommateur, (4) les tâches assignées à l’opérateur historique (service universel, etc.), (5) le statut et les compétences des organes chargés de veiller au bon fonctionnement du marché (service de médiation, I.B.P.T., etc.). 

Ensuite l'orateur a évoqué la complexité de l'ouverture à la concurrence du marché belge des télécommunications.  Une classification des opérateurs en fonction de leur offre de services (voix, données, carrier selected code, numéros géographiques), de la nature de l'infrastructure qu'ils utilisent (câble de télédistribution, réseaux sous-marin, pan-européen, M.E.T., propre ou partagé) a témoigné de la diversité du secteur.  En parallèle à cette offre de services, l’on peut s’attendre à ce que différentes mesures accompagnent le déploiement du secteur : parmi celles-ci, citons (1) la simplification du cadre réglementaire (décidée au niveau européen), (2) l’octroi de licences UMTS prévue pour la fin 2000, (3) la possibilité de présélection du transporteur (déjà d'actualité), (4) la portabilité des numéros (effective depuis mai dernier pour le fixe et envisageable à terme pour la téléphonie mobile) ou encore (5) le "dégroupage de la boucle locale", le “ dernier kilomètre de câble ” sera bientôt exploitable par les opérateurs alternatifs d’autant que des infrastructures parallèles au niveau belge existent déjà (cfr. les réseaux des câblo-distributeurs, la boucle locale radio -qui fera aussi l'objet de l'octroi d'une licence particulière-, les réseaux mobiles terrestres et satellites, les réseaux électriques, etc.)

M. DENEF a conclu son exposé en rappelant l'influence de la concurrence sur la qualité et les tarifs mais aussi sur les choix politiques qui en découlent. 

 

Comment choisir votre opérateur ?
M. Joe CHTOUKI, Administrateur délégué, TOLEDO Telecommunications.

Comment franchir le pas du changement d’opérateur au mieux de ses intérêts ?  Joe CHTOUKI a expliqué qu’il était essentiel de situer les besoins réels de sa société en procédant à l’analyse de ses dernières factures téléphoniques.  Ensuite, l’étude technique de l’infrastructure télécom permet d’envisager les changements nécessaires de matériel (PABX, accès ISDN, etc.).  Il s’agira enfin d’avoir un regard critique sur les offres commerciales des opérateurs et de porter son attention sur une série d’aspects permettant de comparer les soumissions entre elles.  Ainsi, il faut se méfier des prix anormalement bas (la qualité a un prix minimal !) ; les tarifs pratiqués pour les communications doivent être confrontés avec la politique de facturation (temps minimal facturé, etc.).  De l’avis de l’orateur, il est aussi important de sélectionner un opérateur disposant de sa propre infrastructure et de bénéficier d’une période de test avant de s’engager. La société cliente doit se ménager la possibilité de faire jouer la concurrence (cfr. clauses de rupture dans le contrat) ; il est impératif d’éplucher régulièrement ses factures ; porter son attention sur la rapidité d’intervention en cas de problème, etc.

 

Expérience d’une entreprise 
M. Michel DONY, Directeur financier, ETILUX

Michel DONY est venu témoigner de son expérience de changement d’opérateurs.  ETILUX travaille à l’exportation ce qui implique des communications téléphoniques internationales journalières.  Faute de disposer en interne de compétence technique en télécommunication, la société s’est dans un premier temps laissée guidée par l’unique perspective d’un gain financier.  Cette expérience s’est soldée par un échec.  ETILUX s’est alors adjoint les services d’un consultant qui a étudié, sur base des dernières factures téléphoniques de l’entreprise, l’offre du marché en fonction du contexte de travail de la société.  En 2 mois, l’investissement consenti a été amorti ; en 18 mois, la facture téléphonique a diminué de 22%.  

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