Compte-rendu
 

  

Projet d'extension du réseau fibre optique du MET aux zones d'activités économiques
31 mai 2001
     Château de Colonster
Exposé de M. NIEUS, I.G. 45 du M.E.T.

 

 

L'Internet à (très) grande vitesse est au centre de toutes les attentions aujourd’hui. La rapidité du taux de transfert est, d’après les experts en la matière, une condition indispensable au bon développement de la Société de l’Information. On constate cependant avec regret que la disponibilité de ces technologies est encore trop limitée, et cela principalement en Région wallonne. Dans cette optique, Monsieur NIEUS, Inspecteur général à l’I.G. 45 du M.E.T., est venu nous exposer le plan d’évolution et le positionnement de la Région wallonne dans ce secteur.


La réaction du Gouvernement wallon

Dans le contexte de la libéralisation des télécommunications et d’Internet, le retard de la Région wallonne est indéniable, notamment au vu des indicateurs économiques. Conscient de l’importance de l’enjeu, le Gouvernement wallon a lancé plusieurs actions basées sur deux études. Celles-ci ont permis de déterminer cinq segments de marchés prioritaires : les PME, le marché résidentiel, les écoles, les administrations et les soins de santé. Pour atteindre ces cinq segments, plusieurs projets ont vu le jour :

1.    le déploiement d’un réseau majeur de fibre optique : pour ce faire, la Région wallonne a opté pour la construction de son propre réseau fibre optique haut débit ;

2.    la création de la S.A. WIN ayant pour mission la gestion du réseau IP, la fourniture de connexions et services Internet au privé et au public ;

3.    le projet Cyber-écoles permettant l’installation de nombreux PC dans des écoles primaires, secondaires et de promotion sociale ;

4.    la création de l’AWT, l’Agence Wallonne des Télécommunication qui propose plusieurs outils dans le but de promouvoir l’accès universel aux TIC et d’inciter leur usage généralisé ;

5.    le déploiement du réseau radio DAB (réseau radio numérique couvrant la communauté française et la Région wallonne).

Au vu de la faiblesse NTIC des PME wallonnes, le Gouvernement wallon a donc lancé une action politique de sensibilisation, décrite dans « Le contrat d’avenir de la Wallonie », qui prévoit 3 opérations d’envergure :

·   Evolution du projet WIN.

La société doit en effet réorienter ses objectifs vers une fonction plus axée sur les PME.  

·   Réseaux des Hôpitaux, Universités et Hautes Ecoles.

Le projet prévoit la mise en place de cinq réseaux permettant notamment  l’expérimentation et l’interconnexion des organismes.

 ·  Equipement des zones d’activités économiques.

Dans ce but, le MET s’est vu confier la mission d’étudier la faisabilité d’équiper ces zones en NTIC et de les raccorder au réseau de télécommunication haut débit. Une étude économique a débuté afin d'établir une prioritisation des zones d’activités économiques wallonnes en fonction de leurs besoins et des disponibilités en bande passante.


Etude économique des zones d’activités

La Région wallonne compte 195 zones d'activité économiques hébergeant 4234 entreprises avec un potentiel de 5502 entreprises.

Dans un premier temps, une analyse technique a permis de choisir le réseau du MET pour servir de base afin d’irriguer ces zones, car il s’est avéré parfaitement approprié.  Les zones d'activité se trouvent en moyenne à 4,6 km de l'épine dorsale du réseau du MET; plus de 50% d'entre-elles se trouvent à moins de 2 km.

Ensuite, une analyse de l’offre a été réalisée. Ainsi, compte tenu des disponibilités en fibres optiques, ADSL et connexion Internet rapide, les 195 zones wallonnes ont été catégorisées en huit typologies représentatives de l'offre.  Ceci a mis en évidence une très grande disparité entre les parcs en terme d'offre de services de télécommunication.  A peine 10% des zones d’activités disposent d’une offre d’infrastructure télécom suffisante alors qu’un tiers des zones d’activités présente d’importantes lacunes.

Cette étape a été suivie d’une analyse de la demande, sur base d’une enquête de terrain comportant un volet qualitatif et un volet quantitatif.  Les résultats concluent que le niveau d'offre dans de nombreux parcs n'est pas suffisant pour satisfaire la demande en services de télécommunication

En combinant les indices de l’offre et de la demande ainsi obtenus, 50 parcs (représentant 3400 entreprises potentielles) ont été qualifiés de prioritaires car présentant l’offre la plus faible et la demande la plus élevée.  Ces parcs se situeraient essentiellement dans les régions de Liège, Namur, Brabant wallon et Tournai. 

Le câblage de ces 50 zones prioritaires totaliserait un coût global de 550 millions de BEF.  Mais le classement a été affiné en prenant en considération le coût de raccordement de ces zones au backbone du MET : 10 parcs ont un coût de connexion estimé, supérieur à 20 millions de BEF.  Ainsi, le raccordement des 40 autres zones ne représenterait plus qu’un investissement de 200 millions de BEF et toucherait 3000 entreprises (soit 88% des entreprises potentielles des zones prioritaires ou 60% du nombre global en Wallonie).


Le 2e volet de l’étude

La poursuite de cette action de sensibilisation est déjà en préparation et devrait notamment envisager quelle technologie serait la plus rentable/efficace pour irriguer l’intérieur des zones d’activités : soit la boucle locale radio, soit la fibre optique. Le calcul du coût du câblage interne (toutes les artères câblées avec une chambre de visite au niveau de chaque société) devrait déterminer quel type de connexion est le plus intéressant.

Un dernier volet vise à déterminer si cette avancée (mise à disposition de l'Internet à haut débit dans les zones d’activités économiques) va attirer les entreprises vers ces parcs wallons. Sinon, que faut-il ajouter pour renforcer cette attractivité ? Ainsi, l’opportunité pour le MET de fournir des services à plus haute valeur ajoutée (dans le cadre de partenariats) à destination des occupants de ces zones doit encore faire l’objet d’une évaluation. 

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