Compte-rendu
 

  

Le câble comme mode d'accès à la Société de l'information
15 septembre 1999
     Château de Colonster

La première réunion des membres du cycle 1999-2000 du FORUM TELECOM était consacrée à la politique du câble en Belgique francophone. Ce fut pour nous l’occasion, d’accueillir MM. DELDERENNE et FOULON respectivement Directeur Général Adjoint et Chef de service, ALE-Télédis.

Quelles sont les potentialités du câble ? Où en est-on au niveau du transfert de données et de la téléphonie ? Quels sont les projets d’ALE-Teledis ? Autant de questions qui ont été abordées par les deux orateurs au cours de l’exposé et du débat qui suivit.
 
Il existe en Belgique trois catégories de télédistributeurs : les intercommunales pures (actionnariat composé à 100% d’acteurs publics), les intercommunales mixtes et les télédistributeurs privés. Cette trentaine de sociétés aux statuts variés fournit des services sur l’ensemble du territoire national (rappelons que le taux de pénétration du câble dans les foyers belges atteint près de 97%).

Créé il y a tout juste 30 ans, le réseau Télédis compte aujourd’hui 304.000 abonnés situés dans pas moins de 55 communes différentes. Les activités d’ALE-Télédis portent aujourd’hui sur la distribution de programmes radiophoniques et télévisés, le transport de signaux de télécommande, la transmission de données et l’accès au réseau Internet via un modem câble.


Limitations de trois ordres

M. DELDERENNE a mis l’accent sur les limitations dont souffre le réseau d’ALE-TELEDIS. Celles-ci sont de trois ordres :

  • Risques de saturation : la bande passante du réseau d’ALE-TELEDIS est proche de l’engorgement. Cette situation rend difficile l’introduction de nouvelles applications.

  • Limitation de la qualité des signaux : le réseau de câble coaxial est construit selon une structure en arborescence. Un nombre important d’amplificateurs est nécessaire pour garantir la qualité de la réception des signaux.

  • Monodirectionnalité (émetteur-récepteur) des lignes "clients " : celle-ci rend impossible la fourniture de services interactifs.


Modernisation nécessaire du Câble

L’évolution réglementaire et technique (cfr. rencontre de l’informatique, de la télévision et des télécommunications) conduit à franchir une nouvelle étape : le remplacement du câble coaxial par de la fibre optique.

Les objectifs poursuivis dans le cadre de la modernisation du câble sont les suivants :

  • augmentation du nombre de chaînes de télévision accessibles par le biais du câble (cfr. chaînes thématiques, bouquet numérique, etc.). ;

  • amélioration de la qualité des émissions (la fibre optique ne nécessite pas d’amplification) ;

  • amélioration de la qualité de la réception (cfr. transport simultané de son, d’images et de données -multimédia) ;

  • sécurisation du réseau selon différents modes ;

  • exploitation maximale des capacités numériques de la fibre optique.

Des moyens importants sont mis en œuvre pour assurer la remise à neuf du réseau. M. DELDERENNE avança le chiffre d’un investissement de 4 milliards de francs belges pour des travaux devant s’achever dans les 5 ans. Comme ce fut le cas dans les années soixante lors de la pose du câble coaxial, priorité sera donnée à la rénovation aux zones à forte densité d’abonnés.
 
 
Applications Câble Multimedia s.a.

Une société anonyme, l’ACM (Applications Câble Multimedia), a été créée par l’ensemble des télédistributeurs wallons (l'ALE est actionnaire d'ACM à concurrence de 18%) et trois partenaires financiers. L’ACM assure l’interconnexion des principaux réseaux de télédistribution du Sud du pays (Wallonie + Bruxelles) grâce à deux boucles en fibres optiques. Parallèlement, l’ACM joue le rôle d’interlocuteur unique vis-à-vis des diffuseurs de programmes et des prestataires de services qui souhaiteraient emprunter le réseau.
 

Parmi les missions confiées à l’ACM, citons :

  • La location de fibres optiques aux opérateurs de télécommunication, ISP et grandes entreprises sises en Wallonie et à Bruxelles.

  • Le transport par fibre optique des programmes de radio et de télévision tant analogiques que numériques.

  • etc.

De plus, l’ACM mène actuellement en collaboration avec la société Mobistar deux expériences pilotes : l’une de téléphonie à Namur et l’autre d’accès à Internet via le backbone en région liégeoise (Seraing, Neupré et Ivoz en collaboration avec l’ALE-Télédis).
 
 
L’offre PME d’ALE–Télédis

L’offre de services d’ALE–Télédis destinée aux entreprises tourne autour de trois axes principaux (NB : nous pouvons vous communiquer la liste des tarifs pratiqués par ALE-Télédis sur simple demande) :

  • Réseau virtuel : service de transmission de données via un réseau à large bande (p.ex : entre plusieurs sites d’une entreprise sur une région couverte par le réseau d’ALE-Télédis). L’interconnexion peut se faire point à point ou multipoint.

  • Service de transmission de signaux vidéo et/ou audio pouvant être utilisés tant par des chaînes de télévision régionales que pour d’autres applications telles que la télésurveillance.

  • A la différence des ISP proposant l’Internet gratuit, ALE-Télédis permet à ses abonnés (contrat spécifique résiliable mensuellement), d’utiliser la câblodistribution pour aller sur le Net sans frais de communication téléphonique.

Parmi les avantages avancés par M. DELDERENNE, citons :

  • Téléchargement rapide.

  • Connexion permanente.

  • Absence de frais de communication téléphonique.

  • Libération de la ligne téléphonique.

  • Disponibilité de tous les ports du PC.

  • etc.


ALE-télédis propose à l’heure actuelle trois packages dont les prix sont basés sur le volume de transmission de données.

Notons enfin qu’il y a lieu de parler de cohabitation plutôt que de rivalité câble/téléphone. La téléphonie sur le câble étant conditionnée à une alimentation électrique (soumise à des aléas et donc moins fiable), il est plus probable que cette ligne devienne un moyen supplémentaire de connexion aux réseaux (téléphone, Internet).
 
 


Arrêt sur quelques mots-clés…

  • Bande passante : Intervalle des fréquences dans lequel le signal est transmis par un filtre sans distorsion significative. La qualité et la quantité de l’information transmise est liée à la largeur de la Bande Passante. Largeur nécessaire de la bande passante en fonction du système de communication : oreille humaine (14985 Hz), téléphone (3100 Hz), son radio (7500 Hz), chaîne hi-fi (19880 Hz), émission de télévision (4.106 Hz)

(source : Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication, sous la dir. de B. LAMIZET et A. SILEM, éditions Ellipses, 1997).

  • Fibre optique : filament de silice de verre capable de guider un rayonnement optique. La fibre optique assure le transport d’un très grand nombre d’informations à la vitesse de la lumière (sous forme d’un signal lumineux). Une seule fibre peut transporter beaucoup plus de données que la plupart des autres supports matériels de transport d’informations. La fibre optique revêt des caractéristiques plus avantageuses que le câble coaxial (faible encombrement, durabilité, doublement de la capacité de transport du réseau, signal inaltérable et transmissible sans relais sur de longues distances, possibilité d’installer une communication interactive, etc.). Sa largeur de bande de fréquence répond particulièrement bien aux besoins du multimédia (source : Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication, sous la dir. de B. LAMIZET et A. SILEM, éditions Ellipses, 1997). Les câbles à fibres optiques (monomodes ou multimodes) constituent l’infrastructure de base des réseaux modernes de télécommunication.

  • ISP (Internet Service Provider) : fournisseur de services Internet incluant l’accès au réseau. A l’origine, il se distinguait de l’IAP par le fait que les ISP fournissaient les principales connexions " backbone " entre pays et vendaient de la bande passante aux IAP locaux.

  • Modem Câble : interface entre le câble coaxial du canal télévision et un équipement informatique. Il permet de fournir un accès Internet à haute vitesse.

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