La
première réunion des membres du cycle 1999-2000 du FORUM
TELECOM était consacrée à la politique du câble en
Belgique francophone. Ce fut pour nous l’occasion,
d’accueillir MM. DELDERENNE et FOULON respectivement
Directeur Général Adjoint et Chef de service,
ALE-Télédis.
Quelles sont les potentialités du câble ? Où en est-on au
niveau du transfert de données et de la téléphonie ?
Quels sont les projets d’ALE-Teledis ? Autant de questions
qui ont été abordées par les deux orateurs au cours de
l’exposé et du débat qui suivit.
Il existe en Belgique trois catégories de
télédistributeurs : les intercommunales pures
(actionnariat composé à 100% d’acteurs publics), les
intercommunales mixtes et les télédistributeurs privés.
Cette trentaine de sociétés aux statuts variés fournit
des services sur l’ensemble du territoire national
(rappelons que le taux de pénétration du câble dans les
foyers belges atteint près de 97%).
Créé il y a tout juste 30 ans, le réseau Télédis compte
aujourd’hui 304.000 abonnés situés dans pas moins de 55
communes différentes. Les activités d’ALE-Télédis
portent aujourd’hui sur la distribution de programmes
radiophoniques et télévisés, le transport de signaux de
télécommande, la transmission de données et l’accès au
réseau Internet via un modem câble.
Limitations de trois ordres
M.
DELDERENNE a mis l’accent sur les limitations dont souffre
le réseau d’ALE-TELEDIS. Celles-ci sont de trois ordres :
-
Risques
de saturation : la bande passante du réseau
d’ALE-TELEDIS est proche de l’engorgement. Cette
situation rend difficile l’introduction de nouvelles
applications.
-
Limitation
de la qualité des signaux : le réseau de câble
coaxial est construit selon une structure en
arborescence. Un nombre important d’amplificateurs
est nécessaire pour garantir la qualité de la
réception des signaux.
-
Monodirectionnalité
(émetteur-récepteur) des lignes "clients "
: celle-ci rend impossible la fourniture de services
interactifs.
Modernisation nécessaire du Câble
L’évolution
réglementaire et technique (cfr. rencontre de
l’informatique, de la télévision et des
télécommunications) conduit à franchir une nouvelle
étape : le remplacement du câble coaxial par de la fibre
optique.
Les
objectifs poursuivis dans le cadre de la modernisation du
câble sont les suivants :
-
augmentation
du nombre de chaînes de télévision accessibles par
le biais du câble (cfr. chaînes thématiques,
bouquet numérique, etc.). ;
-
amélioration
de la qualité des émissions (la fibre optique ne
nécessite pas d’amplification) ;
-
amélioration
de la qualité de la réception (cfr. transport
simultané de son, d’images et de données
-multimédia) ;
-
sécurisation
du réseau selon différents modes ;
-
exploitation
maximale des capacités numériques de la fibre
optique.
Des
moyens importants sont mis en œuvre pour assurer la remise
à neuf du réseau. M. DELDERENNE avança le chiffre d’un
investissement de 4 milliards de francs belges pour des
travaux devant s’achever dans les 5 ans. Comme ce fut le
cas dans les années soixante lors de la pose du câble
coaxial, priorité sera donnée à la rénovation aux zones
à forte densité d’abonnés.
Applications Câble
Multimedia s.a.
Une
société anonyme, l’ACM (Applications Câble Multimedia),
a été créée par l’ensemble des télédistributeurs
wallons (l'ALE est actionnaire d'ACM à concurrence de 18%)
et trois partenaires financiers. L’ACM assure
l’interconnexion des principaux réseaux de
télédistribution du Sud du pays (Wallonie + Bruxelles)
grâce à deux boucles en fibres optiques. Parallèlement,
l’ACM joue le rôle d’interlocuteur unique vis-à-vis
des diffuseurs de programmes et des prestataires de services
qui souhaiteraient emprunter le réseau.
Parmi
les missions confiées à l’ACM, citons :
-
La
location de fibres optiques aux opérateurs de
télécommunication, ISP et grandes entreprises sises
en Wallonie et à Bruxelles.
-
Le
transport par fibre optique des programmes de radio et
de télévision tant analogiques que numériques.
-
etc.
De
plus, l’ACM mène actuellement en collaboration avec la
société Mobistar deux expériences pilotes : l’une de
téléphonie à Namur et l’autre d’accès à Internet
via le backbone en région liégeoise (Seraing, Neupré et
Ivoz en collaboration avec l’ALE-Télédis).
L’offre PME
d’ALE–Télédis
L’offre
de services d’ALE–Télédis destinée aux entreprises
tourne autour de trois axes principaux (NB : nous pouvons
vous communiquer la liste des tarifs pratiqués par
ALE-Télédis sur simple demande) :
-
Réseau
virtuel : service de transmission de données via un
réseau à large bande (p.ex : entre plusieurs sites
d’une entreprise sur une région couverte par le
réseau d’ALE-Télédis). L’interconnexion peut se
faire point à point ou multipoint.
-
Service
de transmission de signaux vidéo et/ou audio pouvant
être utilisés tant par des chaînes de télévision
régionales que pour d’autres applications telles que
la télésurveillance.
-
A
la différence des ISP proposant l’Internet gratuit,
ALE-Télédis permet à ses abonnés (contrat spécifique
résiliable mensuellement), d’utiliser la
câblodistribution pour aller sur le Net sans frais de
communication téléphonique.
Parmi
les avantages avancés par M. DELDERENNE, citons :
-
Téléchargement
rapide.
-
Connexion
permanente.
-
Absence
de frais de communication téléphonique.
-
Libération
de la ligne téléphonique.
-
Disponibilité
de tous les ports du PC.
-
etc.
ALE-télédis propose à l’heure actuelle trois packages
dont les prix sont basés sur le volume de transmission de
données.
Notons
enfin qu’il y a lieu de parler de cohabitation plutôt que
de rivalité câble/téléphone. La téléphonie sur le
câble étant conditionnée à une alimentation électrique
(soumise à des aléas et donc moins fiable), il est plus
probable que cette ligne devienne un moyen supplémentaire
de connexion aux réseaux (téléphone, Internet).
Arrêt sur quelques
mots-clés…
-
Bande
passante : Intervalle des fréquences dans lequel le
signal est transmis par un filtre sans distorsion
significative. La qualité et la quantité de
l’information transmise est liée à la largeur de la
Bande Passante. Largeur nécessaire de la bande passante
en fonction du système de communication : oreille
humaine (14985 Hz), téléphone (3100 Hz), son radio
(7500 Hz), chaîne hi-fi (19880 Hz), émission de
télévision (4.106 Hz)
(source
: Dictionnaire encyclopédique des sciences de
l’information et de la communication, sous la dir. de B.
LAMIZET et A. SILEM, éditions Ellipses, 1997).
-
Fibre
optique : filament de silice de verre capable de
guider un rayonnement optique. La fibre optique assure
le transport d’un très grand nombre d’informations
à la vitesse de la lumière (sous forme d’un signal
lumineux). Une seule fibre peut transporter beaucoup
plus de données que la plupart des autres supports
matériels de transport d’informations. La fibre
optique revêt des caractéristiques plus avantageuses
que le câble coaxial (faible encombrement, durabilité,
doublement de la capacité de transport du réseau,
signal inaltérable et transmissible sans relais sur de
longues distances, possibilité d’installer une
communication interactive, etc.). Sa largeur de bande de
fréquence répond particulièrement bien aux besoins du
multimédia (source : Dictionnaire encyclopédique des
sciences de l’information et de la communication, sous
la dir. de B. LAMIZET et A. SILEM, éditions Ellipses,
1997). Les câbles à fibres optiques (monomodes ou
multimodes) constituent l’infrastructure de base des
réseaux modernes de télécommunication.
-
ISP
(Internet Service Provider) : fournisseur de services
Internet incluant l’accès au réseau. A l’origine,
il se distinguait de l’IAP par le fait que les ISP
fournissaient les principales connexions " backbone
" entre pays et vendaient de la bande passante aux
IAP locaux.
-
Modem
Câble : interface entre le câble coaxial du canal
télévision et un équipement informatique. Il permet
de fournir un accès Internet à haute vitesse.
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